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Hessel : la tempête ! / Bernard Léon 2011
Par Voix dissonantes dans Accueil le 2 Février 2011 à 11:09Hessel : la tempête !
Par son succès inattendu, ''Indignez-vous'' de Stéphane Hessel déchaîne les passions politiques et médiatiques. Après les simples lecteurs - dont nous fûmes - puis les thuriféraires, voici venu le temps des censeurs.
A suivre ici la synthèse ( par leur auteur ) de deux commentaires bienvenus d'un lecteur abonné du Monde.fr.

Bernard Léon, ? , lecteur actif du Monde
A qui Stéphane Hessel fait-il peur ? A quelle oligarchie ?
Depuis que son court texte « Indignez-vous », publié par une petite maison d’édition de Montpellier et vendu au public 3 €, remporte un succès plus qu’inattendu, et étonnant (plus de 800 000 exemplaires à ce jour), une campagne de dénigrement est orchestrée pour tourner en dérision, et Stéphane Hessel, et son appel à s’indigner.
Cela a commencé dans plusieurs journaux, allant du Monde à Libération, dans lesquels des chroniqueurs divers et connus, comme Assouline, Marcelle, Delhommais, ont commis de petits brûlots plus ignobles que vraiment incendiaires.
Cela ressemblait fort à un mouvement orchestré par les tenants de la cause sioniste, le témoignage de Hessel sur la douloureuse existence des Gazouis étant connu et affiché dans son texte à succès.
À 3000 exemplaires, personne n’aurait réagi. À 500 000 puis 800 000, enfin à bientôt 1 000 000 d’exemplaires, « Indignez-vous » n’est plus du poil à gratter. Il cause un véritable prurit chez certains.
Mais voilà qu’en plus, une émission sur l’économie sociale et solidaire, réunissant Stéphane Hessel, Claude Alphandéry et Edgar Morin prévue sur France Inter dimanche prochain 16 janvier, a été subitement déprogrammée dès le 12 janvier. Sous le prétexte des évènements de Tunisie. (Ben Ali n'était pas encore parti)
Un proche de Stéphane Hessel, questionné, avoue qu’il y aurait eu d’autres entraves ailleurs dans les médias. Et l'affaire, depuis, de l'interdiction d'un débat avec Stéphane Hessel dans les locaux de l'Ecole Normale Supérieure vient confirmer la chose.
La question se pose donc. Qui a peur de Stéphane Hessel ? Outre les dévots du sionisme*. Le pouvoir ? C’est possible.
Car Hessel ne craint pas de développer, dans son petit livre dérangeant, que le motif de la résistance c’est l’indignation. Et il donne quelques causes actuelles. L’affaire des Roms, l’écart grandissant entre les riches et les pauvres, l’état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés.
Et ce qu’il développe comme argumentaire, et qui recueille donc l’assentiment d’un nombre chaque jour croissant de citoyens s’articule fort justement autour de ce que l’État ne fait pas, et qu’il faisait autrefois, alors que la production de richesse à considérablement augmenté depuis la libération, période où la France était ruinée, ce qu’elle n’est pas aujourd’hui.
Sous prétexte de nous parler du programme de la résistance Hessel nous parle donc, en fait, de notre monde et de notre quotidien, et nous encourage à reprendre le flambeau des résistants de la Seconde Guerre mondiale, et à le faire vivre.
À l’heure où la jeunesse se rebelle en Tunisie, en Algérie, mais aussi, on l’a vu récemment, à Londres, Rome, Athènes ou Lisbonne, le pouvoir ne craint il pas que notre jeunesse, laissée par l’État et les grandes entreprises transnationales sur le bord du travail, ne se réveille un matin pour questionner, dans la rue, L’État, le Président, les pouvoirs et les politiques ?
Alors, le pouvoir essaierait de tuer bêtement dans l’œuf un phénomène qui le dépasse. Essaierait de décrédibiliser un homme de 93 ans, n’hésiterait pas à orchestrer une déprogrammation sur France Inter, qui a connue il y a peu quelques remous fleurant bon la censure.
Mais s’en prendre à un vieux résistant, d’autres vieux résistants peuvent de lever. Il n’en reste pas beaucoup, mais ce sont des phares qui peuvent déranger. Et justement, l’émission programmée de France Inter pour traiter de « l’économie sociale et solidaire », dimanche 16 janvier, allait en réunir trois d’un coup : Stéphane Hessel, 93 ans, Edgar Morin, 89 ans et Claude Alphandéry, 88 ans. Tous anciens résistants.
Le débat aurait pu glisser, vu la conjoncture, de l’économie à l’indignation, et de l’indignation à l’esprit de résistance.
Morin nous aurait parlé de ces « scléroses », de ces « dérives », de ces « dégradations » contre lesquelles il nous faudrait lutter. Alphandéry, désigné à 20 ans, tout juste, responsable de la résistance dans la Drôme, nous aurait parlé de sa foi en l’homme. En un temps où il faut avant tout posséder une Rolex, c’est tout dire de la dangerosité d’un tel propos ! Hessel aurait vraisemblablement répété les propos de son livre. Et peut être évoqué son indignation à propos de la Palestine.
Alors, on déprogramme comme d’autres insultent. On espère ainsi tenir encore un an. Jusqu’aux prochaines présidentielles. On a peur de revoir, ignominie pour la sarkozye, ressortir le vieux slogan : Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi !
Alors, la question mérite d’être posée. Qui a peur de Stéphane Hessel ?
* pour cet aspect particulier, le commentaire original était plus direct :
"Une cause est bien proche d’être, à terme, perdue, lorsqu’elle met en péril les principes de la démocratie. On peut craindre que celle que cherche à défendre le Conseil représentatif (?) des institutions juives de France n’ait déjà dépassé le stade de la perdition. L’affaire Stéphane Hessel a agi, publiquement, sur lui comme un révélateur photographique le fait avec un négatif. Il a mis en lumière ce que seul son acharnement idéologique, et celui de ses membres l’empêchent de ne pas voir. Sa défense d’une cause indéfendable qui l’a mis hors jeu de nos débats républicains. Sa condamnation, sans nuance et haineuse de ceux qui dénoncent les exactions de l’État d’Israël vis-à-vis du peuple palestinien, un État, comme l’a écrit Shlomo Sand, qui « déroge au principe sur lequel se fonde toute démocratie moderne », à savoir, « se constituer en une république appartenant à l’ensemble de ses concitoyens, quelle que soit leur religion », l’a mis hors jeu des débats d’idées de notre démocratie."Pour les deux chroniques initiales des 14 et 19 janvier http://www.lemonde.fr/bernard_leon/
Pour le texte actualisé http://revolutions-democrates.over-blog.fr
Tags : démocratie, liberté, révolte, oppression, censure, propagande
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