• au secours des riches / Jean-Claude Saint-Louis 2011

    Au secours des riches   

     

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    Jean-Claude Saint-Louis, né en 1938, retraité du service public canadien

    Dans sa chronique du 6 décembre 2010, parue dans le Journal de Montréal et intitulée : "Prendre aux pauvres pour donner aux riches", David Descoteaux se demande si on n’assiste pas présentement au plus grand détournement de fonds de l’Histoire. On voit l’Europe qui se précipite au chevet de l’Irlande, au bord de la faillite. Serait-ce pour sauver le peuple irlandais ? Pas du tout ! C’est uniquement pour sauver les banques irlandaises et leurs prêteurs, les banques anglaises (139 milliards), allemandes (128 milliards) et américaines (71 milliards).

    En février 2010, la Grèce était, elle aussi, au bord de la faillite. Les pays d’Europe se sont précipités pour la sauver. Mais sauver qui, exactement ? La veuve et l’orphelin ? Mais non, voyons ! Encore là, il fallait sauver les prêteurs, les banques françaises et allemandes qui détenaient des centaines de milliards de dettes grecques. On n’allait quand même pas obliger les banquiers grecs à diminuer leurs salaires faramineux ou à vendre leurs voitures de luxe. Il y a des limites, quand même ! Entre riches, faut se protéger, que diable !

    La même chose se passe aux États-Unis, où le président Obama fait tout depuis deux ans pour sauver les banquiers américains. Depuis 2009, Obama permet aux banques de cacher les prêts toxiques qui pourrissent dans leur bilan, afin d’afficher des beaux résultats en Bourse. La banque centrale américaine (la Fed), a dépensé 1400 milliards pour racheter les dettes des banques. Et la Fed continue de prêter des milliards aux banques, pratiquement sans intérêt. Et que font les banquiers ? Ils jouent au casino avec cet argent, s’octroient des salaires faramineux et prêtent au gouvernement, à hauts taux d’intérêt. Plus fou que ça, tu meurs !

    Au Canada, nous avons un premier ministre qui copie, à la lettre, la politique américaine vis-à-vis des banques. Ces dernières ont prêté aveuglément aux citoyens, désireux d’acquérir une maison, sachant que leurs prêts étaient garantis par le gouvernement. Tout comme aux États-Unis, une bulle immobilière se dessine à plusieurs endroits. Si cette bulle éclate, des milliers de petits propriétaires ne pourront rembourser leur hypothèque. Que va faire le gouvernement ? Il va réagir comme il l’a toujours fait, c’est-à-dire qu’il va racheter les dettes des banques, les véritables maîtres du pays.

    En se précipitant au secours des banques pour les sauver de la faillite, les gouvernements ne règlent rien, au contraire. Partout, les gouvernements pigent dans les poches des contribuables pour verser l’argent aux grandes banques et à leurs actionnaires. C’est le monde à l’envers ! On prend l’argent des pauvres pour le donner aux riches. Est-ce qu’on règle les problèmes en agissant de cette façon ? Pas du tout ! Le chômage atteint des sommets aux États-Unis ; le prix des maisons replonge ; l’économie est sous respirateur artificiel et les soupes populaires n’ont jamais été aussi populaires : 43 millions d’Américains dépendent des soupes populaires pour se nourrir, soit deux fois plus qu’en 2008.

    Les multinationales

    Non seulement les banquiers sont dorlotés par les gouvernements, mais les multinationales le sont également. Au Canada, le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux jouent à la surenchère vis-à-vis des multinationales. C’est à qui donnerait le plus de subventions. On donne des milliards par année (7 milliards au Québec) en subventions de toutes sortes, pendant que le peuple est étranglé par les impôts et les taxes. Est-ce que les riches se serrent la ceinture par solidarité avec le petit peuple ? Voyons donc ! Au Canada, un président directeur général (PDG) du top 100, gagne, en moyenne, 155 fois le salaire du travailleur de l’entreprise. Qui sont ceux qui accordent de tels salaires, direz-vous ? Ce sont les conseils d’administration, composés de PDG. Est-ce que les salaires des PDG sont basés sur leurs performances ? Pas du tout ! On se protège entre riches et l’on voit à bien sauvegarder ses intérêts personnels. Et au diable, le peuple !

    Les petits contribuables

    Pendant que les riches se remplissent les poches et mènent des vies de pacha, les petits contribuables, maigrissent à vue d’oeil et sont étranglés par les gouvernements au service des puissants. Les hommes politiques, en fidèles serviteurs, débordent d’imagination dans le but de bien saigner les petits. Il n’y a rien à leurs épreuves dans cette entreprise de spoliation. Il y a quelque temps, le contribuable québécois travaillait six mois par année pour payer ses impôts et les taxes de toutes sortes. Aujourd’hui, ça ne suffit plus. Pour favoriser leurs puissants amis, dont les banquiers et les PDG des multinationales, qui nagent dans des milliards, les gouvernements saignent à blanc les petits contribuables.

    Et vive la démocratie ! nous clament les médias canadiens aux mains des puissants.

    Et au Québec, on aimerait bien crier : Vive le Québec libre ! comme le disait si bien le général Charles de Gaulle.

    Mais libre de quoi, au juste ? Va-t-on nous libérer de cette mainmise des banques et des multinationales ?

     

    D’autres textes de Jean-Claude Saint-Louis ici :  http://albertportail.info/

    Merci à Carole d’avoir permis ce ‘’prélèvement’’

     

     

     


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